L’expression artistique ne s’explique pas dans un livre . En revanche, la technique de l’outil chargé de véhiculer cette expression se développe en pratiquant une quantité d’exercices dont la difficulté croissante mène à la virtuosité. Chaque méthode nous invite à accomplir un pas supplémentaire vers cette virtuosité. Selon moi, une bonne méthode est un guide qui structure le cheminement d’un point A à un point Z. Bien entendu, le lecteur doit adopter une attitude rationnelle et éviter à tout prix d’éluder les étapes intermédiaires. Bref, il doit être méthodique.
Une méthode, c’est avant tout de l’édition musicale, soit des notes de musiques imprimées sur le papier. La priorité doit donc être de posséder un savoir suffisant pour comprendre le sens de toutes ces notes. La condition première requise avant l’achat d’une méthode est de connaître les bases de lecture du solfège pour comprendre ce qui est écrit sur le papier.
Il existe un vieux fantasme de la méthode qui permettrait de travailler tout seul, sans l’aide d’un professeur.C’est un leurre. Certaines méthodes permettent de progresser seul sur des sujets spécifiques, mais au départ, il est indispensable de travailler avecune bonne méthode généraliste qui va couvrir l’ensemble des bases qu’il est nécessaire de posséder et créer ainsi des automatismes de lecture.
Ces premiers pas ne peuvent bien s’acquérir qu’avec l’assistance d’un professeur, qui saura par ailleurs laisser s’épanouir l’instinct créatif de son élève.
Pendant longtemps la batterie fut un instrument d'autodidacte. Il y eut autrefois tout un débat sur la nécessité de savoir lire la musique ou non pour un batteur. Aujourd'hui il me semble indispensable de maîtriser totalement la technique de lecture. Nous n'avons plus d'excuse pour être ignare en ce domaine. D'autant que les conventions d'écriture pour la batterie sont bien moins complexes que pour les autres instruments. Elles se résument à 5 notes sur la portée correspondante aux fûts de la batterie, plus 2 autres pour les cymbales. Il y a bien eu des tentatives de nouvelles conventions d'écriture propre à la batterie, mais sans grand succès. Le solfège reste un langage universel qui nous permet non seulement de lire la musique, mais aussi de l'écrire. Et quel batteur n'a pas eu un jour le besoin de noter un rythme entendu sur un enregistrement, ou sorti de son imagination ?
En occident, nous vivons dans une civilisation de l'écrit, par opposition à d'autres cultures, orales. Nous nous servons de signes objectifs qui permettent de traduire une pensée, mais, effet pervers, cette pensée peut-être interprétée tout à fait différemment selon le lecteur. Par ailleurs, dans notre culture, notre égo nous incite à systématiquement personnaliser une partition de musique, ce qui n'est pas forcement le cas dans d'autres cultures où le maître fera chanter à son élève un phrasé jusqu'à ce qu'il le répète à l'identique.
Nous avons la chance maintenant de pouvoir travailler avec des méthodes accompagnées d'un support audio. Ce support peut avoir deux fonctions : reproduire exactement toutes les notes de batterie jouées dans l'ouvrage ou bien proposer un support harmonique joué par le reste de l'orchestre sur lequel l'élève interprète sa partie de batterie. Certaines méthodes permettent même de choisir entre ces deux options. Le problème des supports audio se limitant à la batterie pure est que, pour le débutant qui à peu de technique, les morceaux sont souvent joués à un tempo trop rapide. En revanche, les méthodes qui proposent un enregistrement play-back, avec différents niveaux techniques, peuvent séduire les batteurs inexpérimentés dans la mesure où ils se retrouvent instantanément en compagnie d'un orchestre et réalisent ainsi leur motivation première : jouer de la musique...
Les vidéos constituent un complément agréables aux méthodes, car elles permettent de voir les batteurs en situation. Mais le risque est grand chez les plus idolâtres de copier trait pour trait (jusque dans les mimiques!) le batteur que l'on admire. Il faut prendre dans chaque méthode ou vidéo ce qui nous convient en sachant préserver sa propre personnalité. Quel que soit l'ouvrage, il faut l'aborder de façon logique et méthodique, sans pour autant s'enfermer dans un système trop rigide.
Je suis partisan d'une façon de travailler qui associe les avantages du système écrit à ceux du système oral et visuel, avec bien sûr l'assistance d'un professeur qui vous fera gagner un temps précieux pour l'apprentissage.
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