Le jazz vient de La Nouvelle-Orléans et du sud des anciens États esclavagistes. Il fut joué par de petits groupes et des pianistes. Les groupes jouaient cette musique à l'occasion de fêtes religieuses, du carnaval, de défilés etc.
Il plonge ses racines dans des traditions musicales américaines. Il est composé de la musique Afriquaine, du folklore noir développé en Amérique et de la musique populaire européenne.
L'influence africaine se manifeste par le vocale des chants afro-américains; par l'impro; par des appels et des réponses, et par une complexité rythmique. Parmi les autres formes figurent les chants d'esclaves, ainsi que le blues.
La musique européenne a contribué au jazz grâce aux hymnes,marches, valses et danse, le théâtre et l'opéra.
Parmi ces musiques populaires noires se trouvent les morceaux de banjo et les minstrel shows, les rythmes syncopés ainsi que les marches et hymnes des fanfares.
Vers la fin du XIXe siècle, le ragtime apparu, musique écrite associant les rythmes syncopés et les contrastes harmoniques et structures des marches européennes. Après 1910, le chef d'orchestre W. C. Handy s'inspira du blues, avec les morceaux originaux. Appréciées des musiciens de jazz, ses chansons trouvèrent leur plus grand interprète, dans les années 1920, la chanteuse Bessie Smith, surnommée l'"Impératrice du blues".
Les disques, les revues de music-hall, les cabarets, dancings et casinos ont contribué à son essor: le premier disque de jazz enregistré en 1917 regroupaient les titres "Livery Stable Blues" et "Dixieland Jass Band One-Step" par l'Original Dixieland Jazz Band, la première grande tournée de "Spirituals" par les Jubilee Singers en 1871. Ce sont les armées américaines débarquant au secours des Alliés en 1917 puis en 1944 qui feront déferler le jazz sur le Vieux Continent. Ce sont les "brass bands" (orchestres de cuivres) des forces armées que découvrent les habitants de l'ouest de l'Europe, comme ce 369e régiment d'infanterie (les Hellfighters, "combattants de l'enfer") dirigé par Jim Europe ou ce 158e Infantry Band, suivis en 1919 du Marion Cook Syncopated Orchestra, dans lequel figure le jeune Sidney Bechet.
Le Jazz De L'Insouciance
Le jazz est devenu à la mode à partir de 1920-1930; à Berlin, Bruxelles, Londres, Paris, de nombreux orchestres américains, noirs ou blancs effectuent de nombreuses tournées dans toute l'Europe de l'Ouest.
L'orchestre de Billy Arnold ou celui des Mitchell's Jazz Kings propagent le jazz, Joséphine Baker triomphe, l'orchestre de Duke Ellington entame une série de triomphes en 1933, Louis Armstrong connaît un premier succès à la salle Pleyel en 1934, et le saxophoniste Coleman Hawkins eut droit au même succès.
En France, avant même l'organisation des premières formations comprenant des jazzmen français, les rencontres américano-françaises se succèdent, mais leur répertoire laissait souvent la place à la musique de danse ou à des parties "variétés".
En 1932, de jeunes amateurs créent le Hot Club de France et, trois ans plus tard, Charles Delaunay fonde Jazz Hot, première revue mondiale uniquement consacrée au jazz, puis une compagnie discographique sous la marque Swing, du nom de ce nouveau courant musical . La radio devient un moyen de diffusion et consacre des émissions au jazz. L'Exposition internationale de 1937 attire de nombreux musiciens, les concerts se multiplient, les clubs regorgent de monde.
Le Jazz Pendant L'Occupation
Durant l'occupation, le jazz sera toléré à condition que soient bannies les œuvres des compositeurs juifs et noirs. Les Parisiens renouent avec leurs habitudes de sorties nocturnes. Les grandes formations, comme celle de Raymond Legrand, ont recours à des intermèdes, en revanche, le Jazz de Paris, grand orchestre dirigé par le saxophoniste Alix Combelle, réunit les plus grands solistes. Django Reinhardt devient une grande vedette, reforme un quintette. Les concerts ont repris, les festivals affichent complet.
L'oppression devient plus forte en 1942 et les autorités françaises, bientôt relayées par la milice, font maintenant la chasse aux "oisifs" et aux zazous, à ces "parasites" qui vont écouter cette musique de "dégénérés" inaudible aux oreilles des propagandistes de "la révolution nationale" et des tenants de l'ordre nouveau, tandis que les bruits d'un débarquement imminent.
Après La Seconde Guerre Mondiale
La Libération se fête aux accents du swing des orchestres français et américains. Les musiciens français rencontrent alors les jazzmen américains des bases militaires résonnent les accords d'une musique quelque peu oubliée, celle de La Nouvelle-Orléans (le New Orleans Revival), double phénomène qui engendre une bataille du jazz entre "figues moisies" et "raisins aigres" (ainsi nommés par Boris Vian, personnage emblématique de ce centre parisien du jazz qu'est devenu le quartier de Saint-Germain-des-Prés).
Django Reinhardt et Sidney Bechet deviendront les figures emblématiques de ces années d'après la Libération, alors que de jeunes musiciens accompagnent les grands solistes américains de passage, dont quelques-uns choisiront l'Europe, et plus particulièrement la France, pour fuir la ségrégation raciale et les détestables conditions de travail dont ils sont victimes chez eux.
Dans les années soixante, l'évolution du jazz vers plus de liberté a semblé un moment remettre en cause son existence ou son avenir. Pourtant, de jeunes musiciens du monde entier adhèrent à ce courant appelé "free jazz" qui, comme le be-bop en son temps, divise musiciens, critique et public; d'autant que, dans le même temps, la pop music et le rock envahissent l'espace musical (culturel aussi) et que de grands créateurs comme Miles Davis se tournent vers les rythmes binaires. Le jazz est devenu éclectique, électrique parfois avec l'utilisation de nouvelles technologies. De nouveaux lieux s'ouvrent à tous les courants (du dixieland au free en passant par le be-bop, le hard bop et le cool) qui seront représentés dans ces nouveaux festivals internationaux, comme ceux d'Antibes-Juan-les-Pins, de Chateauvallon, ou de Montreux, dans lesquels se rencontrent les jazzmen de tous les pays.
Développement Du Jazz Européen
Hormis les États-Unis, la France est bien le seul pays possédant une telle diversité de styles et de talents. Paris devient la capitale incontestée du jazz en Europe, bien que celui-ci ne soit pas encore "européen" malgré les signes évidents d'une recherche d'indépendance vis-à-vis du modèle américain.
À l'instar du fameux Quintette du Hot Club de France, les instruments à cordes jouent un rôle prépondérant, exception bien française : ainsi, les violonistes Jean-Luc Ponty, Didier Lockwood (tous deux héritiers de la tradition française du violon chère à Grappelli)et Dominique Pifarély (au jeu très intériorisé), le violoncelliste Jean-Charles Capon (rare virtuose de l'instrument), les contrebassistes Henri Texier (leader-compositeur chaleureux et enthousiaste), Jean-François Jenny-Clark (aventureux téméraire) et Patrice Caratini (également orchestrateur raffiné) ont acquis le statut de vedette européenne, voire mondiale, de même que les pianistes René Urtreger, Martial Solal et Michel Petrucciani, l'organiste Eddy Louiss, le saxophoniste et clarinettiste Michel Portal, les guitaristes Christian Escoudé et Biréli Lagrène (dans la lignée de Django Reinhardt), l'accordéoniste Richard Galliano et son "New Musette". D'autres musiciens, comme le batteur Bernard Lubat et le saxophoniste André Jaume, déclinent diversement leur identité régionale, et le clarinettiste Louis Sclavis s'invente un folklore imaginaire très personnel, quand il ne puise pas ses inspirations dans les musiques anciennes et contemporaines.
Chaque nation européenne présente désormais des solistes d'envergure internationale possédant chacun son talent personnel, mais apportant aussi son propre héritage culturel et musical : en Belgique, l'harmoniciste Toots Thielemans; en Hollande, le saxophoniste Willem Breuker, avec son Kollektief et ses happenings musicaux!; au Danemark, le contrebassiste virtuose Niels-Henning Ørsted Pedersen; en Suède, le contrebassiste Palle Daniellson; en Norvège, le saxophoniste Jan Garbarek, au phrasé lunaire; en Finlande, l'étonnant batteur Edward Vesala; en Russie, le pianiste Simon Nabatov; en Pologne, le trompettiste Tomasz Stanko; en Autriche, le Vienna Art Orchestra (VAO) et ses couleurs orchestrales; en Espagne, le pianiste Tete Montoliu; en Grande-Bretagne, le contrebassiste Dave Holland et le guitariste John McLaughlin (anciens partenaires de Miles Davis); en Allemagne, le pianiste Joachim Kühn; en Suisse, le batteur Daniel Humair; ces deux derniers musiciens, résidant en France depuis de nombreuses années, se sont associés avec Jean-François Jenny-Clark (contrebasse) pour former un des trios les plus remarquables du jazz européen contemporain. Le batteur italien Aldo Romano, lui aussi installé en France, présente diverses petites formations composées de jeunes musiciens européens; les rythmes et les mélodies du leader se conjuguent avec sa sensibilité très latine.
Les grands orchestres européens (composés de musiciens aux origines diverses et aux talents variés, le plus souvent formés dans de nouvelles écoles ou sortis des conservatoires enfin ouverts à l'enseignement du jazz) sont de véritables structures d'accueil propices à l'enrichissement de chacun, aux partages et aux échanges dans la confrontation!; ils ont ainsi contribué à l'émergence de ce jazz européen, ou "eurojazz", au cours des deux dernières décennies.
En France, après les orchestres de Jef Gilson (1965) et de l'Europamerica (sous sa direction en 1977), il faudra attendre les années quatre-vingt pour que se constituent de nouvelles grandes formations comme le big band Lumière du pianiste-arrangeur Laurent Cugny, celles du trompettiste Jean-Loup Longno, le Bekummernis du compositeur Luc Le Masne, et l'Orchestre national de jazz (ONJ), créé en 1986, au personnel renouvelé tous les deux ans et dont le style est lié à la personnalité des chefs successifs. Deux grosses "multinationales" musicales sont dirigées par des pianistes : en Autriche, Mathias Rüegg et le Vienna Art Orchestra; en Suisse, Georges Gruntz et un Concert Jazz Band épisodique mais toujours composé des meilleurs musiciens du monde. Dans d'autres pays, des orchestres comme ceux du Willem Breuker Kollektief (Pays-Bas), de Mike Westbrook (Grande-Bretagne), ou d'Alexandre von Schlippenbach (Allemagne) s'imprègnent plus de la tradition locale ou nationale.
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