Tout le monde parle et utilise des séquenceurs, mais qu'est ce donc que cela? C'est le remplaçant informatique du magnétophone, destiné à enregistrer numériquement votre musique. On en trouve sous forme logicielle ( Cubase, Logic Pro Tools...) ou matérielle, intégrée ou non à un synthétiseur. Les données enregistrées-MIDI et/ou audio- peuvent être éditées et traîtées de différentes manières. La majorité des séquenceurs peuvent enregistrer et reproduire plusieurs pistes simultanément, à l'instar des magnétophones multipistes qui furent à bande puis sur disque dur. L'avantage de la forme logicielle est l'interface graphique qui permet un affichage large et précis des données. Lorsque les séquenceurs ne peuvent enregistrer que des données audio, on parlera d'éditeurs audio, ou de logiciels de montage audio. En principe, pour mériter l'appellation de séquenceur, le dispositif devra être capable de gérer des pistes MIDI. Car avant l'ère informatique, les séquenceurs étaient hardware et uniquement MIDI ( et encore à partir de 1983...).
Le terme génerique de séquenceur regroupe un certain nombre de variantes, nées de la manière dont chaque fabricant a souhaité abordé l'enregistrement audio et MIDI en favorisant tel ou tel types de séquenceurs: les traditionnels audio+MIDI, les stations de montage audio, et ceux à base de boucles. Les premiers ont pour chef de file Cubase SX, Logic, Digital Performer, SONAR et Samplitude. Les logiciels de montage audio ont quant à eux rejoint les premiers en ajoutant la gestion du MIDI, le premier d'entre eux étant Pro Tools, suivi plus tard par Séquoïa puis Nuendo. Ensuite, nous avons les séquenceurs de boucles dont les plus connus sont ACID et Live rejoints par Soundtrack et d'autres encore. Enfin, nous avons déjà parlé des studios virtuels qui intègrent aussi un séquenceur parmi leurs modules ( Reason, Orion, Storm...)
Variations sur un thème
La forme la plus courante aujourd'hui est le séquenceur dit audionumérique qui permet d'enregistrer des données audio et MIDI. Les premières sont issues de sources audio comme la voix d'un chanteur captée par un micro, une guitare, les sorties audio d'un synthétiseur, une platine CD... Les données MIDI sont générées par les appareils éponymes, en l'occurence des synthétiseurs lorsqu'il s'agit d'enregistrer de la musique. Diverses opérations sont applicables de manière permanente ( destructive) ou non à tous les types d'évènements MIDI et audio. Elles sont regroupées sous la forme de fenêtres d'édition, les instruments virtuels mélangent quant à eux MIDI et audio, et utilisent des pistes MIDI pour déclencher leurs sons à l'instar des synthétiseurs hardware, et des pistes audio pour les écouter. Suivant les séquenceurs ces pistes d'instruments virtuels sont gérées de différentes manières. Logic utilise des pistes spéciales qui réunissent les deux types de données. Un instrument génère donc une seule piste nommée AudioInstrument. DigitalPerformer sépare les données MIDI et audio en autant de pistes, et Cubase SX rajoute une piste Instrument VST sur laquelle seront enregistrées les données d'automation relatives au plug-in. L'avantage de cette gestion est que chaque information a sa place, et que l'ergonomie reste traditionnelle. En retour, cela engendre un plus grand nombre de pistes.
Les musiques actuelles s'appuient généreusement sur des boucles audio. Or, jusqu'à présent, le seul moyen de les exploiter dans un morceau était d'utiliser un séquenceur audionumérique traditionnel. Mais la gestion et les traitements applicables aux boucles y sont les mêmes que pour n'importe quel autre fichier audio, ce qui ne leur est pas toujours très approprié. Alors sont nés des éditeurs stéréo dédiés au découpage et à al manipulation des boucles. L'un des premiers fût Recycle de Steinberg repris par Propellerhead, suivi par pHATmatik Pro de Bitshift Audio. Chaque boucle découpée est jointe à un fichier MIDI dont chaque note correspond à une tranche audio. Une alternative est le Groove Control de Spectrasonics qui exploite également le principe des tranches de boucles audio déclenchées par des fichiers MIDI sans la contrainte liée à un format. Ces techniques permettent de manipuler la vitesse et l'ordre de lecture des fichiers avec quasiment la même souplesse que si vous aviez des sons séparés. Aujourd'hui certains séquenceurs multipistes sont étudiés pour exploiter les boucles générées par ces éditeurs spécialisés. Live d'Ableton permet de les manipuler et de créer ses arrangements en temps réel. D'autres comme ACID et Soundtrack sont carrément destinés à en créer.
Projets d'arrangements
Lancé par Steinberg pour son célèbre séquenceur Cubase, la fenêtre d'arrangement constitue aujourd'hui l'éditeur principal standard qui s'ouvre par défaut au lancement de votre programme. Il offre une vue d'ensemble de votre séquence. On y organise le matériel audio et MIDI, les boucles, bref, tout ce que l'on enregistre. C'est un peu la version graphique d'un magnétophone qui représente chronologiquement vos fichiers sous forme de barres horizontales colorées sur lesquelles est dessinée la forme d'ondes audio ou de hauteur des notes MIDI enregistrées.
Alors que le nom de fenêtre d'arrangement était devenu un standard, l'évolution des données à gérer a entraîné l'évolution de leur organisation, et la notion de projet est née. Le projet, qui donne parfois son nom à la fenêtre d'arrangement, réuni tous les types d'informations et de fichiers, et permet d'en sauvegarder la totalité. Ainsi, si un morceau de musique contient des séquences MIDI, des fichiers audio stockés sur un dique dur externe, et d'autres fichiers liés aux plug-ins, le projet sera capable de tous les répertorier avec différents outils de navigation et de recherche ( browser, pool) afin de pouvoir sauvegarder toutes les données utilisées par votre projet dans un même dossier ou disque dur, DVD... Fini les séquences qui démarrent sans le solo de guitare dont le fichier est caché au fin fond d'un autre disque, voire renommé puis effacé, ou avec votre échantillonneur virtuel qui joue de la batterie avec les sons de percussions asiatiques que vous avez placées dans un autre dossier.
Les autres fenêtres d'édition permettent de travailler plus en détails sur chaque bout de séquence. Différents types d'éditions s'offrent à vous selon la nature des données. Présentations...
Affichez votre score
La partition fut le premier moyen de transmettre la musique après le bouche à oreille. Si ce dernier est aujourd'hui remplacé par les magnétophones hardware ou logiciels, la partition a subi bien des évolutions, mais est toujours utilisée dans sa structure originale. Beaucoup de séquenceurs permettent de représenter la musique sous forme de partition. Mais seules les données MIDI peuvent être représentées de la sorte. De plus, il faut un large écran pour pouvoir travailler dessus. Les équenceurs hardware en sont donc privés ( à l'exception de quelques claviers arrangeurs de manière sommaire), et les séquenceurs audio également. Le seul moyen pour ces derniers est de transformer les fichiers audio en notes MIDI. Certains séquenceurs en sont capables, mais uniquement pour les instruments monophoniques. En effet, la technologie actuelle ne nous offre pas des algorithmes assez puissants pour dissocier et analyser simultanément plusieurs notes. Donc les accords sont à proscrire. Mais, qui sait un jour... Une autre contrainte est la justesse du jeu. Pour un instrument correctement accordé, cela ne pose en général pas trop de problèmes. Mais pour un chanteur ou un violoniste où la justesse n'est pas prédéfinie, mais calculée à chaque note, la tâche se complique. Alors le logiciel peut donner des résultats étonnants en utilisant le pitch bend pour rendre au mieux la fluctuation de la hauteur des notes. Quant aux variations rythmiques et dynamiques, ces éléments ne font qu'augmenter le côté aléatoire du résultat. Bref, si vous voulez sortir la partition de la mélodie que vous venez de chanter, vous mettre à la souris serait certainement plus rapide en attendant que les ordinateurs interprètent la mouvance de notre expression.
Quoiqu'il en soit, ce vieil outil qu'est la partition est toujours autant plébiscité à tel point que Nuendo ( séquenceur audionumérique) pourtant axé sur la production audio à l'image s'est vu nanti d'un éditeur de partitions à l'instar de son petit frère Cubase SX qui en a toujours disposé. L'expérience prouve donc l'efficacité de ce moyen de représenter la musique. Pourtant à l'heure de la musique électronique, d'autres outils sont tout autant appréciés, car plus précis et représentatifs des données audio et MIDI. Pour ceux qui ont besoin de travailler sur partition, sachez que Cubase SX et Logic offrent des éditeurs de partitions particulièrement avancés, capables de créer du matériel de qualité professionnelle.
Le piano roule...
L'un des éditeurs MIDI les plus répandus est le célèbre Key Edit de Cubase, dont le nom varie d'un séquenceur à l'autre, entre un Matrix sur Logic, ou un Piano Roll pour SONAR. Dans tous les cas, le principe est identique et très adaptée à la musique séquencée. C'est aussi un excellent outil pédagogique. En effet, sur une partition de musique, la notation musicale est simplifiée pour en faciliter la rapidité de lecture. Les fluctuations rythmiques et dynamiques sont laissées à la discrétion de l'interprète ou modifiées sur la partition sous la forme de symboles placés à côté des notes. Or, que nous soyons professionnel ou amateur, nous ne jouons jamais exactement en place par rapport à une référence temporelle ( métronome) et dynamique ( nuances). C'est ce qui fait d'ailleurs la différence entre un morceau quantifié ou saisi à la souris, et une pièce jouée live. Après avoir joué en temps réel une mélodie, l'éditeur représentera sur une grille toutes les notes jouées sous la forme de bandes horizontales dont l'emplacement, la longueur, la hauteur et la couleur sont proportionnelles au placement, à la durée, à la hauteur et à la vélocité ( quoique la visualisation de ce paramètre varie selon les logiciels). En un coup d'oeil, la grille d'édition permet donc de visualiser graphiquement tous les paramètres relatifs aux notes. Cette représentation à la manière des rouleaux des pianos mécaniques ou des orgues de barbarie peut dérouter les musiciens de formation classique au départ mais l'on s'y fait rapidement.
En général, il est possible d'ajouter à la représentation des notes l'affichage d'autres évènements MIDI sous forme de graphiques placés en dessous de la grille des notes, afin de les éditer les uns en fonction des autres de manière cohérente.
Êtes-vous sur la liste?
D'un aspect plutôt austère qui se veut plus fonctionnel qu'esthétique, la liste d'évènements affiche toutes les données MIDI enregistrées, des notes aux messages SysEx, en passant par les coups de pédales et de molettes, et ainsi de suite. C'est un des seuls éditeurs qui ne soit pas graphique. Même si quelques logiciels comme Cubase y ajoutent une représentation complémentaire des évènements plus conviviale. En principe, à moins que vous ne filtriez l'affichage des données, tout ce qui a été enregistré par le séquenceur y est consigné, à part les données d'automation qui disposent de leurs propres fenêtres d'édition. Souvent, on peut accéder à cet éditeur en double cliquant sur une des notes de la partition ou de la grille d'édition pour l'éditer numériquement.
Lorsque votre séquenceur est capable d'enregistrer avec une précision d'un 3480 ème de ronde, la lecture chiffrée de la position exacte d'un évènement permet d'éviter de zoomer à un niveau très élevé dans la grille d'édition pour pouvoir l'éditer. Nature de l'évènement, point de début, de fin, durée ( en temps réel ou en mesures), vélocité d'enfoncement, de relâchement, hauteur, canal MIDI, numéro de message MIDI, toutes ces informations sont visibles pour chaque évènement et classées chronologiquement. En somme, chaque éditeur a son utilité, et un rôle précis non subsistuable, permettant de visualiser et éditer les données de différentes manières. La partition sert à transmettre la musique par écrit pour la jouer. La grille d'édition permet de visualiser physiquement les notes sur une échelle espace-temps qui révèle leurs vraies positions. Enfin, la liste d'évènements donne des informations chiffrées sur l'intégralité des évènements MIDI enregistrés. D'autres éditeurs MIDI sont proposés selon les développeurs. Citons le Drum Editor, variation de la grille d'édition qui permet d'éditer et enregistrer des pistes de batterie avec une ergonomie à mi-chemin entre boîte à rythmes et séquenceur pas à pas, ainsi que l'Hyper Editeur spécifique à Logic qui affiche graphiquement les évènements MIDI autres que les notes avec la même convivialité que la grille d'édition pour les notes.
Traitements de faveur
Les fichiers audio peuvent être édités et manipulés de manière plus en plus souple avec une ergonomie proche de celle des données MIDI. L'édition basique comprend le découpage, la copie et la fusion des fichiers. Pour effectuer une édition à l'échantillon près ( la plus petite valeur temporelle audionumérique), il fallait jusqu'à présent ouvrir une fenêtre spéciale fonctionnant à la manière d'un éditeur stéréo. Certains séquenceurs permettent par ailleurs d'ouvrir automatiquement un logiciel dédié à la place de l'éditeur intégré. Mais l'héritage de Pro Tools a gagné les autres logiciels, et pratiquement tous les ténors autorisent une édition ( ou tout au moins une visualisation) à l'échantillon près directement dans la fenêtre principale d'arrangement.
La hauteur et la vitesse de lecture sont dissociables avec une qualité croissante d'années en années. Le time-stretch permet comme son nom le suggère, d'étirer ou de compresser la longueur d'un fichier audio sans en altérer la hauteur. Celle-ci pourra changée à l'aide de l'outil de transposition que l'on retrouve dans les fonctions MIDI. Si la qualité des algorithmes utilisés par le séquenceur ne vous convient pas, vous pouvez vous dirigez vers des logiciels spécialisés dans ce genre de manipulation. Melodyne de Celemony est l'un des plus récents et performants. Outre ces traitements qui figurent parmi les plus utilisés, l'automation et les plug-ins gagnent du terrain et de la maturité. Parmi ces derniers, notons la possibilité de quantifier l'audio et le MIDI avec une interactivité entre les deux. Autrement dit on pourra importer le groove de l'un vers l'autre!
Mixage et automation
Une fonction nouvellement apparue dans le monde des séquenceurs est l'automation des paramètres. Autrefois réservée aux consoles de mixage du prix d'une maison, elle s'immisce, améliorée dans nos ordinateurs. Principalement exploitée lors du mixage, elle concerne aussi bien les paramètres des plug-ins d'effets et d'instruments que les fadeurs, boutons de mute, solo, panoramique...Bref, la majorité des paramètres des séquenceurs modernes peuvent être enregistrés, reproduits et édités en temps réel ou différe de la même manière que vous le feriez pour les données audio ou MIDI. Les données d'automation sont représentées sous forme de courbes ( en dessous de chaque piste), ou de manière chiffrée ( liste d'évènements). Plusieurs modes ou statuts d'automation ressemblent à ceux que l'on connaît déjà pour l'enregistrement. Read: lecture de l'automation sur les pistes sélectionnées. Write, Touch, Latch, Trim: différents modes d'enregistrement selon que l'on veut écraser ou non les données précédemment enregistrées, déclencher l'enregistrement au mouvement ou au toucher des fadeurs s'ils sont sensitifs.
Pour enregistrer l'automation, les surfaces de contrôle offrent une ergonomie proche d'une console de mixage et remplacent avantageusement la souris de la même manière qu'un clavier MIDI pour rentrer les notes. Le protocole HUI est un standard auquel de nombreux logiciels se rallient, mais la majorité des surfaces de contrôle sont reconnues par les principaux séquenceurs. Dans le pire des cas, les contrôleurs MIDI sont toujours reconnus. Nous reviendrons prochainement sur le routage et les spécificités du mixage.
Destination finale
Une fois votre séquence terminée, l'aventure elle ne l'est pas. Vous voulez écouter votre oeuvre sur votre platine CD ou votre lecteur MP3? Les logiciels d'édition et de gravure CD sont prévus pour cela, mais certains séquenceurs intègrent certaines de leurs fonctions et offrent la possibilité de pré-masteriser votre morceau, voire de le graver sur CD! Certains séquenceurs, s'ils n'intègrent pas directement de fonction de gravure, sont livrés avec un logiciel dédié, généralement une version allégée plus complète. Ainsi, avec des logiciels gérant la vidéo, vous pourrez graver vos propres DVD; on n'arrête pas le progrès...
Avant toute chose il faut réduire votre séquence multipiste sous la forme d'un fichier audio stéréo. Pour cela, la fonction idoine se nomme souvent Bounce. Elle déclenche la lecture d'un morceau, et enregistre sur votre disque dur le rendu du mixage tel que vous l'entendez ( avec effets, automation...) au format audio de votre choix. Ce choix étant plus ou moins vaste selon les produits, il comporte deux catégories: les fichiers compressés et non compressés. Dans les premiers, vous pourrez citer avec moi WAV, AIFF, et Sound Designer. Pour les autres MP3, WMA et OGG Vorbis sont les plus connus. Même si votre séquenceur ne peut générer directement des fichiers audio au format dont vous avez besoin, d'autres applications s'en acquitteront avec joie. Je pense notamment à iTunes d'Apple, gratuit et compatible Mac et Pc, qui encode les fichiers audio au formats MP3 et AAC, mais également WAV et AIFF.
Parmi les séquenceurs livrés avec des plug-ins d'effets, certains offrent des outils dédiés au pré-mastering. Il s'agit en fait de pratiquement tous les séquenceurs haut de gamme des principaux fabricants. Compresseurs/ limiteurs/noise gates multibandes et autres bonus intéressants dont la qualité est généralement au rendez-vous.
La boucle est bouclée
Pour les férus de musiques technoïdes, les remixeurs et autres rappeurs, un nombre croissant de logiciels permettent de créer ce type de musique sans se prendre la tête avec la technique et des fonctions dont vous n'aurez que faire. Les caractéristiques se recentrent autour de la gestion des boucles, et la suppression des possibilités offertes par les aînés baisse considérablement les tarifs. Même la vidéo est souvent incluse, ainsi que la gestion des pistes MIDI, bien qu'elle soit parfois privée d'édition, voire réduite à la simple lecture de MIDIFiles.
Le chef de file de ces produits est Live d'Ableton. Il est spécialisé dans la manipulation des boucles audio en temps réel. L' ajout d'effets, le changement de la structure du morceau et beaucoup d'autres opérations sont réalisables sans interrompre la lecture de la séquence. Les morceaux peuvent donc évoluer en temps réel. On ne parle pas ici véritablement de séquenceur, mais à l'instar de ses semblables, son fonctionnement s'y apparente, et grâce au protocole ReWire, il peut être relié à un séquenceur traditionnel comme une sorte de macro instrument. Notons enfin que s'il ne dispose pas de pistes MIDI, les boucles peuvent être contrôlées via un clavier MIDI.
Dans le cadre des iApps, mais sans en conserver le patronyme, Apple propose un séquenceur de boucles, Soundtrack. Avec pour ambition de mettre la musique à portée de tous, les bouclent se calent automatiquement sur la tonalité et le tempo en cours. Nul besoin d'effectuer vous-même des opérations de transposition et d'étirement temporel, le logiciel le fait pour vous; A l'instar de Live ( et de bien d'autres produits similaires), il est fourni avec une collection de boucles prêtes à l'emploi, et permet de créer ses propres boucles ou d'ajouter des pistes audio-linéaires. Par contre, seul Soundtrack est compatible avec les boucles ACID. A noter le sortie de Garage Band, un cousin de Soundtrack qui rajoute le MIDI et les instruments virtuels, inclus dans le pack iLife.
Quelques raffinements
Si le rôle premier d'un séquenceur est l'enregistrement et l'émission des données, autour de ces fonctions de nombreux raffinements se sont greffés au fil des versions. En voici quelques-uns... Le plus populaire est la fonction Freeze qui s'applique aux pistes audio et d'instruments virtuels. Les pistes ainsi "gelées" ne pèsent pas plus lourd pour l'ordinateur que de simples pistes audio sans plug-ins. La jauge de disque baisse considérablement pour donner modestement le relais au disque dur. Toujours au chapitre des plug-ins, la gestion de la multitimbrabilité des instruments virtuels est en plus. En effet, cela évite d'avoir à ouvrir autant d'instances que de pistes. Par exemple, un instrument ayant une multitimbrabilité de seize canaux pourra alimenter seize pistes réglées sur seize canaux MIDI distincts. Avec un instrument monotimbral, seize instances devront être ouvertes pour alimenter autant de pistes. Ceci n'est pas sans conséquence sur la consommation des ressources de l'ordinateur!
Pour terminer avec les plug-ins, la fonction de compensation de délais permet d'appliquer à toutes les pistes audio un délai équivalent à la latence généré par les plug-ins des autres afin de garantir leur reproduction en parfait synchronisme. Les données numériques enregistrées dans le séquenceur doivent être traitées avec la plus grande précision pour éviter toutes pertes lors des diverses éditions. Le traitement interne des données en 32 bits à virgule flottante, et la gestion de l'audio en 24 bits deviennent courants et utiles pour respectivement les divers calculs ( dont l'automation), et conserver précision et dynamique. Même si les signaux d'origine sont en 16 bits, leur accumulation justifie le passage en 24 bits. En revanche, si le support final est sur un CD, il faudra effectuer une réduction de la résolution appelée dithering pour revenir en 16 bits en conservant au maximum le gain de qualité obtenu grâce à la haute résolution. La majorité des séquenceurs, et tout du moins les seniors ( Logic, Cubase) disposent d'algorithmes de dithering.
Les hautes fréquences d'échantillonnage ( de 96 kHz à 192 kHz) sont également monnaie courante dans les bons séquenceurs, et le 24 bits/96 kHz devient peu à peu un standard. Il en est de même pour la gestion du surround. Même si très peu d'installations disposent d'un système d'écoute compatible,cette fonction est très plébiscitée. Si la latence diminue lorsque la fréquence d'échantillonage, la résolution est directement liée au poids des fichiers audio.
L'intégration de la vidéo est de plus en plus en vogue dans notre ère multimédia. L'import de films au format QuickTime, Windows Media Player ou AVI, ainsi qu'une piste dédiée à la vidéo numérisée vous épargnent les affres de la synchronisation avec un magnétoscope. Le revers de la médaille est que plus la vidéo est compressée, et plus le processeur de l'ordinateur travaille pour la décompresser entemps réel pour la lecture ce qui prend des ressources au dépends des autres pistes. Une solution récente est la lecture via le port FireWire de l'ordinateur, ce qui détourne la gestion par le processeur et le soulage d'autant. Il vous faudra en revanche une télévision ou un écran doté d'entrées vidéo pour visualiser les images qui n'apparaîtront plus à l'écran de votre ordinateur. Pour passer du connecteur FireWire au moniteur vidéo, un boîtier de conversion ou un camescope équipée d'entrée FireWire ( iLink) sera nécessaire.
Un détail agréable est l'implantation des raccourcis clavier. Ils permettent d'assigner à la plupart des fonctions du séquenceur une combinaison de touches qui évite de parcourir les menus. Une fois les raccourcis bien choisis, on gagne un temps fou! En général il est possible de les sauvegarder- par exemple sur une clef USB- puis de les importer sur un autre ordinateur. Certains constructeurs proposent même des claviers équipés de touches labellisées et colorées, personnalisables ou pré-définies pour certains logiciels.
Philosophie audio et MIDI
Si son rôle global est bien défini, le séquenceur peut néanmoins revêtir bien des visages. Chaque développeur a sa philosophie, et chaque produit devient personnalisable, depuis les raccourcis claviers jusqu'aux couleurs et à l'organisation des fenêtres et menus. Chaque instrumentiste composant de préférence à partir de l'instrument qu'il pratique, un pianiste n'aura aucune difficulté à travailler directement sur un clavier MIDI. Mais un guitariste enregistrera le canevas de ses créations de préférence avec sa guitare, et par conséquent plutôt en audio qu'en MIDI, à moins de posséder une guitare MIDI ou de se mettre plus sérieusement au clavier. L'instrument premier de chaque musicien influencera également la suite du processus d'enregistrement et d'arrangement et par voie de conséquence le choix du séquenceur dont voici quelques portraits.
Pro Tools
Pour effectuer des enregistrements et montages audio multiples de haute voltige, Pro Tools de Digidesign est le premier choix qui vient à l'esprit. C'est l'outil favori des ingénieurs du son, on le rencontre aujourd'hui dans la majorité des studios professionnels où il prend avantageusement la place des magnétophones multipistes. Il existe deux déclinaisons du logiciel Pro Tools. La première nommée TDM, s'appuie sur un ensemble d'interfaces audio dédiées et de cartes DSP pour la gestion des flux audio numériques, ce qui supprime la latence due à l'ordinateur. C'est ce matériel qui rend ce genre de système si coûteux, particulièrement le récént système Pro-Tools HD.
Si ces tarifs dépassent votre budget, mais que vous voulez tout de même bénéficier de l'ergonomie du logiciel, orientez-vous vers la version LE. On retrouve alors les conditions d'exploitations des solutions natives, dont la latence, puisque le signal audio transite par les circuits de l'ordinateur, mais le matériel fonctionnant avec Pro-Tools LE est incomparablement moins cher car moins complexe.
Côté ergonomie, le séquenceur dispose de deux fenêtres principales: une pour le mixage et l'autre pour l'édition. Cette simplicité ne nuit pas aux possibilités du logiciel où la majorité des opérations sont réalisables sans ouvrir de multiples fenêtres d'éditions. Mais aujourd'hui, la montée en force des solutions natives- avec en tête Nuendo et Séquoïa- commence à faire de l'ombre à Pro Tools, notamment au niveau du nombre de pistes audio simultanées, si l'on tient compte des capacités MIDI et du rapport qualité/ prix. Le principal atout de Pro Tools Le demeure son affiliation avec les plus gros systèmes de la marque qui sont toujours une référence fiable auprès des professionnels.
Digital Performer
En plusieurs points proche de l'ergonomie de Pro Tools, Digital Perfomer de MOTU renforce les fonctions MIDI un peu sommaires dans la gamme de Digidesign et y ajoute un petit éditeur de partitions en pleine évolution. Il faut savoir qu'à l'inverse de Pro Tools, Digital Performer était au départ un séquenceur uniquement MIDI, du nom de Performer. Avec le temps, le fabricant MOTU a renforcé le développement de ses produits en rapport avec l'audio, en proposant notamment une exccellente gamme d'interfaces audio et MIDI qui tient toujours le haut du pavé. Ces interfaces s'intègrent de facto parfaitement avec le séquenceur du même fabricant et forment avec lui un ensemble fort cohérent. A l'instar de Pro Tools avec le DAE, Digital Performer utilise un moteur audio spécifique destiné à optimisé les performances du séquenceur. Avec l'arrivée de Mac OS X, Le MAS de MOTU est aujourd'hui peu à peu remplacé dans toutes ses fonctions par le CoreAudio intégré au système d'exploitation d'Apple. Car si ces moteurs audio alternatifs ont été conçus pour offrir une solution plus puissante que celle intégrée à l'ordinateur, le cheminement du signal l'utilisant, les plug-ins l'exploitent également. Il a donc fallu réecrire les plug-ins au format MAS pour les rendre compatibles avec le format Audio Unit qui exploite le CoreAudio. Cette transition n'est pas encore terminée.
Une fonction originale et parfois oubliée de Digital Performer est le Polar. Cet outil permet d'effectuer des enregistrements en boucle et de les empiler automatiquement avant de copier le résultat sur une piste de votre choix. Libre à vous de vous en servir pour rechercher la bonne prise ou par exemple créer des choeurs.
L'ayant utilisé à plusieurs reprises, je l'ai particulièrement apprécié pour sa façon bien à lui de traiter le MIDI à la manière de l'audio, et vice et versa. En effet, tant la représentation que les traitements disponibles rapprochent les deux types de données. C'est l'outil idéal si l'on veut jouer des parties MIDI en temps réel par dessus des prises acoustiques, d'autant que sa précision MIDI est l'une des meilleures.
L'interface graphique très élégante et naturelle n'est absolument pas fatigante, même après de longues heures de travail. Notons également la qualité des plug-ins dédiés au pré-mastering. Pour une musique électronique au MIDI décortiqué et trituré, Cubase et Logic seront certainement plus appropriés. Mais surtout si votre musique place l'audio au premier plan, ne pas considérer ce produit serait bien dommage, à moins bien sûr que vous ne travailliez exclusivement sur PC. Car ce n'est pas demain que Digital Performer tournera sous Windows.
A l'heure où la concurrence était en retard dans le domaine et alors que Studio Vision Pro s'arrêtait, il fut largement adopté pour ses capacités à travailler efficacement à l'image. Mais il connaît plus de succès auprès des anglo-saxons que dans l'hexagone.
Cubase SX
Dès que l'on veut effectuer un travail détaillé sur des pistes MIDI ou d'instruments virtuels, Cubase et ses semblables sont les plus efficaces. Cubase est l'un des vétérans des séquenceurs logiciels dont l'histoire remonte à l'époque de l'Atari ST, à l'instar de Logic.
On retrouve dans la gamme de Steinberg une ergonomie traditionnelle, qui reprend la logique des appareils hardware comme les magnétos ou autres effets de rack de nos gros studios pleins de boutons qui clignotent... Nostalgiques? Là encore, c'est une affaire de goût, mais à l'écran, ce type d'interface graphique très chargée peut être distrayante et fatigante.
Une fonction très pratique qui était déjà présente sur Digital Performer, mais pas à ce niveau d'élaboration, est la posssibilité d'enregistrer plusieurs prises sur une même piste grâce au "Staked cycle recording". Cela n'a l'air de rien, mais vous n'aurez plus besoin d'ouvrir une nouvelle piste avec les mêmes paramètres à chaque bout d'essai. Les "lanes" s'empilent sur la piste et reste ensuite à sélectionner les morceaux que vous désirez garder, et qui mis mis bout à bout constitueront la prise définitive. Aussi le Time Warp permet d'ajuster en temps réel le tempo sur la longueur d'un fichier audio. Dans sa dernière version, le moteur audio a été revu, et reprend celui de Nuendo 2 mais certaines fonctions implantées dans l'ancien Cubase VST manquent encore à l'appel. On attend donc une prochaine mise à jour. Bref, la gamme repart de plus belle sur de nouvelles bases qui lui promettent un avenir plus serein. Alors, soyons patients... Notons enfin que les séquenceurs de la firme sont tous compatibles Mac et PC, ce qui a tendance à se faire rare chez les chefs de file!
Pour ceux qui apprécient ce logiciel et qui travaillent dans le domaine de l'audiovisuel, Nuendo développe les fonctionnalités audio de Cubase SX qui cible davantage la composition musicale que les projets multimédias. Support multicanal amélioré, compatibilité avec des formats audio tels que l'AES 31, travail collaboratif en réseau, synchronisation évoluée, hardware optimisé... Et toujours l'algorithme de dithering UV22HR tant apprécié dans Cubase SX, et le puissant éditeur de partition qui a failli passer à la trappe!
Enfin, une exclusivité de la gamme Steinberg est le système de réseau audio + MIDI VST Link qui permet de répartir les calculs sur plusieurs ordinateurs. Les pistes audio sur l'un, les instruments sur l'autre, et ainsi de suite.
Logic
La particularité de Logic est sa modularité et sa personnalisation qui ont fait peur à plus d'un. C'est le séquenceur idéal pour ceux qui veulent créer un environnement audio et MIDI sur mesure. De plus, il dispose de l'un des meilleurs éditeurs de partitions intégrés à un séquenceur. Certains outils- je pense notamment à l'arpégiateur- accessibles directement en tant que plug-in MIDI dans d'autres logiciels doivent ici être patchés à la main, ce qui rappellent les synthétiseurs semi-modulaires.
Si cette architecture demande une bonne compréhension du rôle de chaque élément, elle offre en retour beaucoup plus de fléxibilité et de puissance. Mais l'informatique permet aussi de venir en aide aux utilisateurs. Pour pallier aux difficultés que certains ont pu rencontrer à ce niveau, Emagic a intégré un assistant de configuration simple et efficace. Libre à vous de compléter par la suite cette configuration de base. Son interface est parfois austère mais représente les données d'une manière extrèmement claire et efficace. Un autre atout indéniable de Logic est le nombre et la qualité des plug-ins inclus. Des plus traditionnels aux plus ésotériques, ils dépassent la cinquantaine! Citons l'excellente Channel EQ qui offre huit bandes ( 2 filtres, 2 shelved, 4 paramétriques) par tranche, ou encore le Noise Gate Spectral. Professionnel et réputé pour sa stabilité, son optimisation pour la plateforme Apple est aujourd'hui considérée comme la moindre des choses depuis le rachat de la firme par la pomme. Extrémement répandu, il a commencé sa percée en séduisant le monde professionnel avec une version 4 surpassant la concurrence. De Peter Gabriel à David Arnold, nombreux sont ceux qui ont été séduits par ses possibilités. Depuis, l'effet boule de neige s'est fait ressentir auprès du grand public. Aujourd'hui une mise à jour est attendue car certains éléments prennent de l'âge face à la concurrence.
Sonar
Voilà un logiciel en pleine ascension! Successeur de Pro Audio 9, SONAR est un aboutissement gratifiant pour son développeur Cakewalk qui fut un pionnier sur la plateforme PC, et à laquelle il réserve ses produits.
Beaucoup d'éléments ont été revues à la hausse dans la version 3 de SONAR, et particulièrement la version Producer. La plus évidente concerne l'interface qui s'aligne sur les standards établis par la génération Cubase. Parlons également des plug-ins. Auparavant, ils se comptaient sur les doigts de la main. Aujourd'hui Cakewalk s'est offert la participation de Lexicon pour développer un plug-in de réverbération livré avec le séquenceur. Il a aussi racheté la technologie des plug-ins Sonitus d'Ultrafunk inclus dans le séquenceur, et du VST-DX Adapter de Fxpansion il ya quelques temps, pour assurer la compatibilité avec le format VST. A l'instar de Cubase, le moteur audioa également été revu, ainsi que bien des fonctions MIDI déjà présentes sur les produits concurrents. Enfin, SONAR se démarque de la concurrence en intégrant un échantillonneur virtuel qui devrait bientôt être capable de lire les échantillons en streaming, ainsi qu'une fonction de gravure de CD au format RedBook.
Si vous travaillez avec des boucles, SONAR est compatible avec les boucles au format ACID, et possède des outils de découpage et manipulation des boucles.
Grâce à tous ces ajouts, SONAR rejoint la cour des grands et replace la barre du rapport qualité/prix assez haut en se positionnant comme une station de production musicale complète.
Samplitude
Pour terminer avec les grands séquenceurs audio + MIDI, la gamme de Magix qui fut un temps associée au nom d'Emagic constitue le deuxième pilier des logiciels exclusivement PC. Logic et Digital Performer pour Mac, SONAR et Samplitude pour PC, Cubase SX pour tout le monde, voilà qui est équitable! A l'instar de SONAR, Samplitude est capable de suivre votre production musicale du début à la gravure du disque, ce dont les concurrents sur Mac ne peuvent se targuer. A ce sujet, Samplitude utilise l'excellent algorithme de dithering POW-r, tout comme Logic. Contrairement à SONAR, Samplitude met plus l'accent sur l'audio que sur le MIDI qui dispose de moins de possibilités d'édition. Il dispose de puissants outils multibandes pour le pré-mastering, ainsi qu'une réverbération à convolution! Nous avons déjà parlé de ce procédé durant le test du Space Designer Emagic. Mais le Room Simulator de Samplitude est inclus au logiciel ( dans sa version Professionnal ), et précisons qu'il est bien sûr exploitable en temps réel, ce qui demende beaucoup de ressources processeur. Un point fort de Samplitude est l'éditeur d'objet. Il permet d'assigner aux fichiers audio divers traitements et plugs-ins en temps réel qui ne sont chargés et calculés par l'ordinateur que lors de la lecture des fichiers audio concernés. Cela libère considérablement les ressources du processeur et permet d'utiliser un plus grand nombre de plug-ins lorsque beaucoup de pistes sont lues séquentiellement. Les autres séquenceurs sont obligés d'assigner chaque plug-in à une piste entière, chacun d'entre eux consommant des ressources même sans la présence de fichiers audio.
A l'instar de Steinberg, Magix propose une version broadcast de Samplitude, Séquoïa. Il fait partie de ces logiciels natifs de montage audio professionnel qui s'attaquent à la plateforme DSP de Pro Tools. Elle développe le travail en réseau et la gestion audio multicanale déjà présents dans la version Pro de Samplitude, et se transforme en une redoutable station de montage audio.
Déclinaisons virtuelles
Dans notre ère informatique, décliner un logiciel en plusieurs versions s'avère beaucoup moins coûteux que dans le domaine hardware, et permet aux utilisateurs de débuter avec une version allégée, plus simple et peu coûteuse, puis d'évoluer vers la version complète au rythme de sa progression technique et financière. Par exemple, Emagic décline Logic en versions Platinum, gold et Audio ( anciennement Silver. Sur le marché de l'occasion, on peut encore trouver Micrologic AV pour quelques euros, et qui se situe encore en dessous de Logic Audio et se contente donc d'un ordinateur peu puissant. Si elle n'est pas compatible avec les derniers systèmes d'exploitation, elle est néanmoins bi-plateforme, étant antérieure à l'acquisition d'Emagic par Apple. Enfin, Logic Fun est une version gratuite à peu près équivalente à Micrologic AV, mais réservée au domaine de l'éducation. Pro Tools est décliné en versions TDM, LE et Free, c'est à dire gratuite ( et ultra-light)! Mais incompatible avec Mac OS X... On attend! A l'instar de Magix autour de Samplitude, Cakewalk propose un nombre conséquent de variantes à partir de SONAR.
Tout ceci sans compter les bundles qui englobent un logiciel principal avec quelques plug-ins additionnels choisis pour proposer une solution clé en main aux musiciens qui partent de zéro. C'est un peu l'équivalent d'une station de travail ( workstation) modulaire. Steinberg avec Cubase XTC et StudioCase, Emagic avec la Big Box, Digidesign en livrant avec Pro Tools des versions spéciales de logiciels connus, et d'autres encore rejoignent peu à peu cette idée d'intégrer le maximum de fonctions dans une suite logicielle.
Qui peut le plus...
Nous venons de le voir, les fabricants de logiciels haut de gamme proposent aussi des versions peut-être moins mises en avant, mais sûrement moins coûteuses et tout de même performantes. Cela dit, un autre moyen existe pour se procurer des produits bon marché, voire gratuits. Pour cela , il suffit de sortir des grandes firmes largement distribuées par nos revendeurs, et de se diriger vers des développeurs plus modestes. Certains ont une histoire intéressante, souvent liée à l'existence de logiciels connus. Ainsi le freeware de montage audio Kristal Audio Engine a été conçu par l'un des développeurs qui travailla ensuite pour Steinberg sur Cubase SX.
Pour revenir sur le marché de l'occasion, on y trouve d'anciennes versions d'excellents séquenceurs ( Cubase VST, Cakewalk Pro Audio 9, Performer) qui raviront les possesseurs d'ordinateurs plus anciens, moins puissants et qui n'ont pas forcément besoin des derniers raffinements technologiques. Souvenez-vous du matériel des Beatles ( un 4 pistes) et de leur succès ...
... Peut le moins?
Les développeurs Making Waves, Raw Material, Massiva et Sagan Technology proposent des produits très intéressants où vous retrouverez des raffinements issus des plus grands avec une ergonomie et un tri dans les fonctions qui coïncideront peut-être avec votre profil. Certains logiciels en dessous de cent euros intègrent vidéo et gravure CD! Making Waves mélange la gestion avancée des boucles et les pistes audio et MIDI traditionnelles avec les éditeurs auquels nous sommes habitués. De plus, ses logiciels ne demandent pas un ordinateur très puissant, ce qui peut sauver certaines machines de la revente... Tracktion s'attaque aux séquenceurs audionumériques standard pour un prix dérisoire qui incluT le gel de pistes, des effets VST, un échantillonneur virtuel, et bien d'autres choses encore, dont le support Mac OS X. Metro pousse le concept encore plus loin et gère notamment l'automation et les vidéos.
En somme, si vous êtes prêt à affronter une ergonomie et une interface parfois déroutantes ou dépouillées, vous profiterez du dynamisme de ces développeurs qui ne jouissent pas de la notoriété des grandes sociétés, et font tout leur possible pour séduire les musiciens en leur offrant des produits aussi concurrentiels que se peut.
Puisque l'on parle de rapport performances/ prix, le nombre de pistes audio et MIDI maximum annoncé par les fabricants sont parfois à prendre avec des pincettes, chacun effectuant ses mesures selon des crotères différents. Par exemple on pourra s'étonner de voir Logic Platinum dépassé par n-Tracks Studio. Un séquenceur pourra gérer plus de pistes MIDI que de canaux, et plus de pistes audio virtuelles que physiques. On peut considérer que tous les grands logiciels peuvent lire et enregistrer plus de pistes que votre hardware ne pourra supporter. Ainsi, Logic gère un nombre infini de pistes MIDI, mais plafonne à 2048 canaux MIDI... Qui a dit " plafonne"?
Séance d'essayage
Ce n'est que durant l'heure de démonstration accordée par votre revendeur ( ou suivie lors d'un salon ) que l'on peut décider définitivement de l'achat d'un logiciel de séquence- dont vous n'êtes plus sans savoir l'importance stratégique. Ce dossier, quand bien même eût-il deux fois ce volume- ne peut soulever toutes les questions propres à l'utilisation de chaque personne, d'autant qu'il faudrait pour cela connaître à fond tous les séquenceurs du marché. Donc, pour se faire ue ne idée plus précise sur un logiciel, deux solutions sont généralement proposées. La plus évidente est la version de démonstration. Nous y reviendrons plus tard. En complément le téléchargement du mode d'emploi peut aussi être source de précieux renseignements, mais sa bonne utilisation est la discrétion de l'utilisateur. En effet, c'est une opération à double tranchant pour l'éditeur dont le mauvais côté est de donner aux utilisateurs frauduleux la notice manquant à leur version piratée. Les protections ont à cet escient été développées et leur utilisation simplifiée et fiabilisée. La clé ( dongle) à enficher dans l'un des ports USB de l'ordinateur remplace peu à peu la protection par code et CD-Rom. Plus besoin d'insérer le disque d'installation toutes les énièmes heures d'utilisation. Mais on se trouve face à un problème de l'accumulation de ces clés qui n'aiment pas beaucoup les Hub USB comme la plupart des produits musicaux.
Pour les produits commercialisés dont nous avons fait le tour, on pourra constater que dans la cour des grands, seuls les logiciels développés pour la plateforme PC sont disponibles en version de démonstration. Seules des versions dépassées sont parfois téléchargeables pour Mac OS 8 ou 9... Tout cela tente de se procurer des versions piratées pour essayer, et parfois on essaye longtemps! Heureusement, les logiciels moins ou non commerciaux, qu'ils soient écrits pour Mac ou PC, sont pour la plupart disponibles en version de démonstration. C'est l'occasion d'essayer des produits qui sortent des sentiers battus pour le marketing, et peut-être de trouver un outil plus abordable, mais le revers de la médaille est que vous risquez l'isolation. L'export et l'import des fichiers MIDIfiles et OMF peuvent compenser cela, mais tous les séquenceurs ne proposent pas ces fonctions qui vous feront de toute manière perdre une partie des éditions que vous aurez appliquées à vos pistes, si elles font appel à des fonctions que seul votre séquenceur possède, ou qui ne sont tout simplement pas prises en compte par le format d'échange utilisé.
Passez à l'acte
Ce dossier en est le témoin, les séquenceurs tendent à englober de plus en plus de fonctionnalités. Grâce à la puissance croissante des ordinateurs, les workstations hardware se dématérialisent, et le concept d'intégration du studio virtuel rejoint celui du séquenceur audionumérique, chacun favorisant au départ les outils d'enregistrement ou les instruments. Au delà des caractéristiques techniques d'un séquenceur, le fait que vous vous sentiez à l'aise et inspiré avec lui est aussi déterminant. Ne vous emballez pas d'emblée pour le haut de gamme avec surround, 24 bits/96 kHz, automation et vidéo si vous n'utilisez pas la moitié des fonctions. La grande diversité des produits vous offre l'opportunité de trouver chaussure à votre pied. Qu'importe votre choix, pourvu qu'il en ressorte inspiration et musique.
Il n'y a pas à proprement parlé de bons et de mauvais séquenceurs si l'on tient compte du rapport qualité/prix et des spécialités de chacun. Dans la jungle de la concurrence, un produit n'a guère droit à l'erreur et doit avoir de bons arguments pour survivre.
Enfin, un plus est la location du logiciel. Les menus sont-ils en français? Et le mode d'emploi? Papier ou PDF? Y a t-il une aide en ligne? Qu'en est-il du support technique? Si vous achetez sur Internet le shareware d'un développeur américain indépendant, ne vous attendez pas à tous ces services. Mieux vaut dans ce cas être autonome.
Consultez les forums de discussion qui sont une source non négligeable de renseignements, fruits de l'échange entre des expériences d'utilisateurs aussi nombreuses que variées.
Vous trouverez enfin plus d'informations sur les plugs-ins , les surfaces de contrôle et les divers éléments venant se greffer autour des séquenceurs dans les précédents dossiers de Musicrun.
Loop ou Pattern
Les musiques actuelles usent et abusent des boucles. Mais, me direz-vous, ce terme n'est pourtant pas nouveau. En effet, mais un détail technique permet de distinguer deux types de boucles. Les premières sont générées via le MIDI, et sont appelées motifs ou patterns. On les utilise depuis longtemps surtout pour les parties de batterie. Les secondes sont audio et portent le nom de boucles ou loops audio. Pour celles-ci, certains logiciels spécialisés dans leur traitement génèrent des formats tels que REX ou ACID. Il est donc important d'être précis dans vos termes pour parler des boucles, car en soi ce mot regroupe deux catégories de fichiers.
Glossaire
Quantification: Fonction destinée à remettre les évènements MIDI ( principalement les notes) en place, en les calant sur les temps et les divisions des temps plus proches selon une précision à définir par l'utilisateur ( le plus souvent à la double-croche)
Dithering: Réduction de la résolution d'un signal audionumérique avec application d'algorithmes spécifiques ( POW-r, Apogee UV22...) destinés à adoucir les artéfacts occasionnés par la suppression de bits. Le cas de figure le plus courant est le passage de 24 bits en 16 bits. L'appellation anglo-saxonne est Word Length Reduction.
Freeze: Gel de piste. Cette fonction crée un fichier audio à partir d'une piste audio ou d'instrument virtuel avec les effets qui lui sont appliqué. Cela soulage le processeur de l'ordinateur des calculs en temps réel suscités par les plug-ins, particulièrement les réverbérations et les synthétiseurs
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